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jeudi 23 novembre 2017

Politique énergétique_4_L’escroquerie de la voiture tout-électrique

Le défi industriel derrière le fantasme de la généralisation du véhicule électrique 

Suivons toujours La France dans le Noir de Hervé Machenaud (Les Belles Lettres), c’est un guide sûr. « A-t-on une idée du défi industriel derrière le fantasme de la généralisation du véhicule électrique ? A ce jour, une des technologies les plus avancées (à quel prix !) celle de Tesla permet avec une batterie de 500 kg ½ tonne, une autonomie de  500 kM ? Le temps de recharge est de 20 minutes à partir de bornes de fortes puissances (quelques centaines en France) ou quinze heures à partir d’une recharge domestique.

Comment imagine-t-on de généraliser la recharge à domicile ? Comment feront les gens qui habitent dans les immeubles des grandes villes et leur banlieue ? Ils auront tous un parking souterrain équipé, ou bien devront-ils trouver une place dans le rue devant une borne de stationnement ?  A supposer que tous les trottoirs de toutes les villes en soient pourvus, quel sera le pourcentage de voitures qui pourront être rechargés pendant plus de douze heures ? 
 Les pouvoirs publics visent 6 millions de véhicules électriques à l’horizon 2030. Cela pourrait représenter une augmentation de 30% de la demande de pointe. Le procès fait au chauffage électrique responsable en France de la demande de pointe sera-t-il fait dans dix ans aux véhicules électriques qui auront tous besoins d’être rechargés entre 19 heures et 7 heures du matin ? Il faut une certaine candeur et pas un grand sens des réalités pour diffuser l’idée à la mode que les six millions de voitures pourront se recharger sur des bornes intelligentes, elles-mêmes équipées de batteries  qui, chargées la journée, chargeront les véhicules la nuit. A-t-on idée du poids de la taille, du coût d’une telle batterie ? Dans chaque borne ? Sans parler de son propre temps de chargement ! »

Analyse coûts et bénéfices des véhicules électriques : le thermique toujours meilleur

Economie en CO2 ; ça dépend de la source de l’énergie électrique !

Or justement, le CGDD (Commissariat Général au Développement Durable) a publié cette année une « Analyse coûts et bénéfices des véhicules électriques ».
En ce qui concerne le bilan environnemental (suppression des émissions de polluants locaux en circulation liés à la combustion, moindre bruit et très faibles émissions de CO2),  la motorisation tout électrique permet de réduire sensiblement les coûts : suppression des émissions de polluants locaux en circulation liés à la combustion, moindre bruit (nul en milieu urbain très dense), et très faibles émissions de CO2 (liées à la production d’électricité qui sont faibles compte tenu du mix électrique français).
Sauf que ce gain environnemental de la motorisation électrique est. réduit par le coût environnemental de production de la batterie. Et surtout, la faiblesse des émissions en CO2 est intimement lié au mix électrique français et ses 70% de nucléaire dans la production électrique. Conséquence : le contenu CO2 moyen en France de l’électricité en 2013 est de 64 g de CO2 /kWh alors qu’il est de 486 g en Allemagne ( où l’on voit l’effet de l’abandonnement scandaleux du nucléaire allemand) et environ 270 au Royaume Uni, 290 en Italie, 220 en Espagne, 560 en Pologne.
Conséquence de la conséquence : en matière de CO2,  en usage mixte (c’est-à-dire non intensivement urbain) le véhicule électrique est plus performant que le véhicule thermique en France, mais pas   en Allemagne (330 g), au Royaume-Uni (270 g), en Italie (290 g) ou en Pologne (560 g). En 2020, le Véhiculé électrique  sera cependant plus performant que le véhicule thermique dans toutes les zones urbaines quel que soit le pays de l’UE. Mais, même en 2050, en usage mixte, le véhicule électrique  serait toujours moins performant que le thermique dans des pays comme l’Allemagne (240 g CO2/kWh), l’Italie (230 g) ou la Pologne (400 g).

Coût pour l’utilisateur

En ce qui concerne le coût pour l’utilisateur, pour un usage mixte, le véhicule thermique demeure plus avantageux que le véhicule électrique. Ainsi par exemple le surcoût socio-économique pour un VE en 2030 est de 7 000 euros sur la durée de vie de la voiture (et supérieur pour les autres technologies et/ou pour 2020). Ce résultat s’explique par le fait que la technologie électrique voit ses avantages compétitifs s’éroder du fait de vitesses plus élevées (hausse des consommations par rapport au milieu urbain) alors qu’au contraire le rendement du moteur des véhicules thermiques est optimal autour de 80 km/h3, et du moindre coût environnemental dans les zones moins peuplées. Ce phénomène est renforcé par une hypothèse de baisse annuelle de plus de 2 % des consommations des véhicules thermiques. Par ailleurs, pour rendre un service équivalent, le véhicule électrique considéré doit posséder une grosse batterie d’une capacité de 50 kWh correspondant à une autonomie plus importante (200 km). Cela implique davantage d’émissions de polluants et de Gaz  à Effet de Serre lors de la phase de fabrication.

Et ajoutons encore ceci : le Véhicule Electrique  est pénalisé par un investissement relatif à l’installation de bornes de recharge. Aux 7000 euros s’ajoutent  donc une prise à domicile pour un coût de 600 euros  et l’aménagement de places de parking avec borne à destination (travail, études, commerces…) pour un coût de 2 000 euros, soit un surcoût  total de l’ordre de 9 500 euros pour le Véhicule électrique, sur sa durée de vie.

 Et encore ces résultats sont très sensibles. Une hypothèse alternative de 8 500 km au lieu de 16.000 par an conduit à un surcoût pour le VE de plusieurs milliers d’euros. Moins on roule, moins le véhicule électrique et intéressant.

Mise en garde de Carlos Tavares . Merci Monsieur !

Au tsunami continu de la démagogie écologiste politique surmontant les hautes eaux de l’ignorance scientifique et technique s’ajoute l’irresponsabilité de certains industriels, prêts à tout pour faire leur cour aux pouvoirs politiques et pour empocher toute subvention bonne à prendre- en matière de voiture électrique se distingua Carlos Goshn, le multi patron paranoïaque  de Renault et Nissan. En revanche, son ex bras droit et maintenant patron de Peugeot, Carlos Tavares, se montra autrement plus critique à l’occasion du dernier salon de Francfort. Extraits rapportés par La Tribune 13 septembre 2017 :

« Les constructeurs ainsi que les autorités publiques auraient bien tort de faire de l'électromobilité l'alpha et l'oméga d'une automobile écologiquement vertueuse….Qui aujourd'hui est en train de se soucier de traiter de la question des mobilités propres dans leur globalité ? Quelles solutions pour la fabrication de batteries, le recyclage des batteries, l'exploitation mais également l'approvisionnement en terres rares, la nature de la production d'électricité... Etc »,
Estimant que « l'emballement autour de l'électromobilité risquait de revenir comme un boomerang au visage des citoyens, Carlos Tavares a ironiquement imaginé sa position s'il devait revenir dans dix ans avec l'électromobilité au banc des accusés, au même titre que les moteurs thermiques aujourd'hui » ( il était ironique ou inquiet ? l’inquiétude serait assez justifiée)

Carlos Tavares s’est aussi inquiété du fait que les subventions publiques sur l'électromobilité ne dureront pas éternellement, et qu’il en résultera un renchérissement du prix des voitures, (qui deviendront moins abordables pour beaucoup) et une concurrence chinoise accrue ( la Chine bénéficiant d’une géologie favorable pour la production des batteries »

Merci, M. Tavares, vous avez  plus fait pour la société que bien de vos confrères aux déclarations écologistes tonitruantes- pourvu qu’il y ait des subventions à toucher ! Cette remarque, toujours tirée de La France dans le noir, d’Hervé Machenaud , qui recoupe votre inquiétude : « Ce sont les industriels qui porteront la responsabilité de ne pas avoir alerté les politiques, d’avoir mis en œuvre leurs politiques, sans les avoir mis en garde contre leurs conséquences »

Le tout électrique en matière de voiture ? Une absurdité totale !

Bref, du point de vue écologique, économique, sociétal, la voiture tout électrique ne peut se justifier qu’en zone urbaine très dense, et encore à condition d’un programme extrêmement couteux d’équipement de recharge,  à condition même qu’il possible ( Mais ou mettra-t-on toutes les voitures à recharger à Paris la nuit ????)…. Et à condition de produire plus d’électricité décarbonnée, donc en particulier nucléaire…(parce que le soleil, la nuit ?). M. Hulot, on  vous met une dizaine d’EPR de plus ???

Le tout électrique en matière de voiture ? Une absurdité totale ! Lorsqu’enfin la  simple rationalité l’emportera, le thermique et les bio carburants- qu’il faudrait se résoudre enfin à produire en masse auront de beaux jours devant eux…



dimanche 19 novembre 2017

Electricité_ vers le black out ? EDF en péril ?

Vers la faillite d’EDF  et des fournisseurs traditionnels ?

Le 11 novembre 2017, EDF annonçait des prévisions de bénéfice moindre qu’attendu et l’action perdait 10% en Bourse. Une forte baisse pour des résultats pourtant pas si catastrophiques : une légère baisse de son objectif d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) pour 2018, compris entre 14,6 et 15,3 milliards d’euros contre un objectif précédent de 15,2 milliards. Parmi les principales raisons, EDF cite la « moindre disponibilité de certaines tranches nucléaires au début de 2018, pendant le pic de consommation maximale. Et en effet, près d’un tiers des 58 réacteurs du parc nucléaire français sont actuellement à l’arrêt, notamment pour des vérifications sur des composants liés aux anomalies dans les dossiers de fabrication de l’usine Areva au Creusot. Une grande partie de ces réacteurs devraient redémarrer assez rapidement  Si c’est le cas, et compte-tenu du fait que l’Autorité de Sureté Nucléaire semble finalement considérer que les anomalies sont peu graves, alors le cours de devrait se redresser. Pour autant, l’évolution historique du cours de bourse peut légitimement inquiéter et désoler petits porteurs et salariés : 32 euros à l’introduction, en novembre 2005,  un maximum  à plus de 80 euros en 2007 pour finalement  10 euros actuellement (avec la sortie du CAC 40 en 2015)
Et la revue écologiste Reporterre de triompher : « EDF plonge en Bourse. Normal : sa stratégie nucléariste est vouée à l’échec ». Alors, EDF est-il en péril ?
Réponse oui, mais pas principalement pour ces raisons. Et pas seulement EDF, mais la plupart des producteurs traditionnels d’électricité, EDF restant probablement l’un des moins mal lotis  

Les absurdités de la Nouvelle Organisation du Marché de l’électricité  (NOME) une concurrence parasitaire :

Extraits de l’excellent livre M. Hervé Machenaud : la France dans le Noir ( Les Belles Lettres) déjà mentionné dans mon précédent billets :

« Ainsi l’éditorial du Monde du 17 février 2016 titre DF, la fin du monopole et d’une époque. On peut y lire : affaibli par la concurrence des autres fournisseurs, l’ex monopole n’a plus la choix. S’il veut éviter de se déliter progressivement…il  lui faut se réformer en profondeur.
Mais de quelle réforme s’agit-il ? On ne le dit toujours pas. Qui sont ces fameux fournisseurs dont la concurrence affaiblit EDF ? Aucun des autres producteurs d’électricité , en tout cas (NB ils sont encore en plus mauvaise position).

Ce sont des gens qui ne produisent pas d’électricité, qui s’approvisionnent sur un marché déprimé pour vendre aux clients traditionnels des producteurs en faillite, en dessous des couts de production de ces derniers, avec des marges significatives, une électricité que pour l’essentiel ils n’ont pas produite.

Nous sommes ainsi heureux d’apprendre qu’au moment où la plupart des grands producteurs passent d’énormes provisions pour perte, le fournisseur d’électricité et de gaz Direct Energie  a vu son bénéfice net s’envoler de  78.7% en 2015. Ila fait mieux en 2016 et fera encore mieux en 2016 selon les analystes.  Soyez rassurés, même siles prix de marché remontaient significativement la loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité entendre la libéralisation du marché de l’électricité) donne à ces « concurrents la possibilité de s’approvisionner auprès d’EDF qui est tenu de leur vendre  à un prix fixé par le gouvernement, largement au-dessous du coût de production, une partie significative (20%)de sa production , leur épargnant ainsi la pénible obligation d’avoir à la produire eux-mêmes. »

La mécanique (made in Bruxelles) infernale de la loi Nome (la libéralisation) est implacable : Lorsque les coûts de production d’EDF sont supérieurs à ceux d’un marché surcapacitaire, EDF n’a pas le droit de vendre à perte à ses clients, mais doit produire à perte pour ses « compétiteurs » qui, eux, feront des bénéfices, en revendant à un coût supérieur auquel EDF les livre.  Et lorsque les coûts de production d’EDF sont inférieurs à ceux du marché, EDF est obligé de vendre une partie de son électricité à ses compétiteurs.

Exemple, toujours tiré de La France dans le Noir. « C’est ainsi qu’avec les premiers froids de l’hiver 2016 et l’indisponibilité d’un certain nombre de centrales nucléaires, les prix ont beaucoup monté en Europe , en particulier sous l(effet des importations réalisées par EDF. . Les concurrents d’EDF se précipitent sur son électricité nucléaire titre Le Figaro du premier décembre. Pourquoi se gêneraient-ils ? Acheter 42 euros un MWh qu’ils vont revendre (éventuellement à EDF) 70 euros n’est-il pas tentant ?... Un monde de fous ! « Obliger EDF à vendre à ses concurrents à 42 euros le MWh risque de peser sur sa rentabilité  déclare Paul Marty, analyste chez Moody’s.
En effet !!!

En plus de se voir ainsi entravée et pillée, EDF doit tout de même assurer la sécurité de l’approvisionnement en électricité ; l’électricité n’étant pas stockable, EDF doit entretenir un certain nombre de centrales qui ne fonctionnent pas la plupart du temps, mais doivent être prêtes à démarrer à la minute s’il y a pénurie d’électricité. Ce sont les mécanismes de capacité. C’est EDF qui, au nom du service public, à un coût très élevé, garantissait la production de pointe. « Combien de temps et au nom de quoi  EDF devra-t-elle continuer à le faire ? »
En effet !

Le pseudo marché de l’&électricité – les méfaits de la secte libérale

La dérégulation imposée par la secte libérale a-t-elle profité aux consommateurs ? Même pas ! Les prix ne cessent même pas d’augmenter années après années. « Pis encore, c’est une jungle tarifaire à laquelle plus personne ne comprend rien, sinon que les offres alléchantes  sont trop souvent des pièges à gogos truffées de clauses abusives et de pratiques commerciales douteuses ». Il suffit de voir le nombre de réclamations reçues par le médiateur de l’énergie, souvent de personnes âgées dupées par des démarcheurs bien sympathiques, jouant parfois sur la confusion de noms proches de ceux des opérateurs historiques, qui leur promettent monts et merveilles… et après leur passage, les factures s’envolent !
C’est donc une concurrence non pas normale, mais de nature parasitaire, qu’a mis en place la folle  politique européenne de libéralisation de l’énergie et sa déclinaison française, la loi Nome. Et il n’y avait rien là d’inattendu, il suffisait de savoir comment avait tourné « la déréglementation de l’électricité en Californie en 1990 ; en moins de dix an, elle a tourné à une catastrophe nécessitant la fin de l’expérience, avec de nombreuses pannes, des prix en hausse et un parc de production fortement dégradé. Pourquoi ? Les producteurs privés n’ont eu aucun intérêt à des investissements lourds pour maintenir ou améliorer la production et la distribution de l’électricité… puisqu’il leur suffisait de vendre de plus en plus cher une électricité de moins en moins abondante !

Toutes les caractéristiques, toutes, absolument toutes, du « marché » de l’électricité : produit non stockable, besoin d’adaptation immédiate à la demande, lourds investissements et grande intensité capitalistique, garantie d’approvisionnement, garantie absolue de sécurité, égalité des clients et des territoires, besoin essentiel de l’industrie et des particuliers pointent vers ceci : le marché de l’électricité n’est pas un marché comme les autres, il ne  peut pas, quant à son cœur de métier, être libéralisé. Pour que cette réalité ne s’impose pas, pour qu’expériences après expériences, les catastrophes n’enseignent rien, il faut vraiment que règne en certains milieux une véritable mentalité de secte, celle de la secte libérale, bien entretenue par certains intérêts particuliers
 Oui, EDF risque son existence, et avec elle, toute notion de service public dans ce bien essentiel qu’est l’électricité ; et c’est la conséquence de l’action de la secte libérale au pouvoir à Bruxelles et en France.
C’est dans ce sens que va encore plus le très nocif winter package 2017 sur l’électricité de la Commission Européenne (cf. blog précédent) avec l’une de ses mesures phares : la suppression des tarifs administrés et l’obligation pour les fournisseurs de proposer un « tarif dynamique » : lorsque vous aurez vraiment besoin de chauffage, c’est là que le prix de l’électricité s’envolera  et que vous la paierez cent ou mille fois plus cher.


Hervé Machenaud : la France dans le Noir « Le développement incontrôlé d’énergies éoliennes et solaires massivement subventionnées, dans un marché déjà surcapacitaire conduit les producteurs historiques à la faillite… » Au fantasme du tout renouvelable s’ajoute, aussi pernicieux, celui du tout marché »

mercredi 15 novembre 2017

Politique énergétique et électricité_ vers le black out

Que ferons-nous sans électricité ? la France dans le noir

Le 14 novembre 2017, une gigantesque panne privait la moitiè des Corses d’électricité. Elle provenait du déclenchement intempestif d'une alarme incendie dans la centrale thermique de Lucciana" (15km de Bastia), qui a provoqué immédiatement une importante réaction en cascade. Le réseau électrique corse s'est retrouvé amputé des deux tiers de sa production actuelle. La situation a pu être rapidement rétablie, mais c’est une illustration de l’extrême fragilité du réseau à laquelle a conduit le développement anarchique et mal maitrisé des énergies prétendument  renouvelables au détriment du nucléaire.

Les raisons, elles en sont très bien expliquées dans un petit livre lumineux et nécessaire d’un ancien cadre important d’EDF, M. Hervé Machenaud : la France dans le Noir- les Belles Lettres). Je consacrerai plusieurs billets à ce livre et à ses arguments, en fonction de l’actualité- lecteur éventuel, que cela ne vous empêche de l’acheter, M. Machenaud a une autre autorité que moi et s’exprime avec beaucoup plus de pertinence et de netteté.

M. Machenaud rappelle l’extraordinaire succès qu’a été l’équipement électrique de la France et incidemment l’époque pas si lointaine ou chacun avait chez soi quelques chandelles pour suppléer à une panne d’éclairage laquelle ne manquait pas d’arriver quelques fois dans l’année. Mais nous n’en sommes plus là : Extrait :

« Imaginons-nous vivre ne serait –ce qu’une journée et une nuit sans lumière électrique, sans chauffage, sans eau chaude, sans réfrigérateur, sans congélateur et sans micro-ondes ? Sans ordinateur, sans téléphone, sans connexion internet, sans e-mails,… Récemment, au centre de Paris, des milliers de personnes ont attendu rois heures devant le digicode de leur immeuble avant que l’électricité soit rétablie. Encore ont-ils eu la chance que cet incident se soit produit en avril et pas en février. Même s’ils avaitent pu entrer, ils auraient eu le choix  entre attendre devant l’ascenseur ou monter  pied par l(escalier de service, dans le noir, les dix étages leur permettant d’atteindre leur appartement. N’espérez pas vous réfugier au restaurant pu à l’hôtel ; sans électricité, il n’y a plus ni éclairage public, ni métro, ni train, ni service d’aéroport…  »
Nos sociétés sont à la fois devenues extrêmement fragiles et dépendantes à l’électricité ( et ne pensons même pas à tous les patients appareillés pour lesquels l’énergie électrique est vitale, aux éleveurs dont une panne peut tuer leurs animaux et leur exploitation) et, en même temps, ormule très macronienne,  nous avons tout fait pour la catastrophe arrive.

Nous avons tout fait pour la catastrophe arrive- un réseau fragilisé

« Le développement incontrôlé d’énergies éoliennes et solaires massivement subventionnées, dans un marché déjà surcapacitaire conduit les producteurs historiques à la faillite… » Au fantasme du tout renouvelable s’ajoute, aussi pernicieux, celui du tout marché »

« Au risque d’être provoquant, on se doit de dire qu’en période hivernale, la production des éoliennes est quasi-nulle et celle des installations solaires pas beaucoup plus élevée. La volonté de verdir le parc électrique français est surement respectable, mais notons immédiatement ses limites : au moment où la France a le plus besoin d’électricité, elle reste tributaire de ses équipement énergétiques traditionnels »

Eh oui, il faut pouvoir suppléer à l’intermittence du solaire et de l’éolien ; et vive alors le nucléaire, car sinon, c’est le gaz ou le charbon qu’il faut relancer comme l’Allemagne, au mépris de l’enjeu écologique majeur qu’est le réchauffement climatique.

Les subventions massives du solaire et de l’éolien ont conduit à un sous-investissement dans le nucléaire ; on ne peut demander à EDF d’acheter très cher l’énergie renouvelable, de lui accorder la priorité sur le réseau, de la revendre à un coût qui rend le nucléaire peu rentable, de faire des bénéfices et ce qui est le plus important, d’assurer la sécurité d’approvisionnement  électrique. Au-delà d’un certain pourcentage d’énergies renouvelables intermittentes, le réseau est trop fragile et ne peut que s’effondrer- la seule question est quand, et la réponse est : forcément à un moment où nous aurons le plus besoin d’électricité.

La catastrophe est annoncée, et la Corse est l’avenir de la France- sauf que ce sera plus grave, plus long et sur autre échelle. Comme l’écrit M. Machenaud, c’est le résultat de deux idéologies que les faits scientifiques de base auraient dû suffire à condamner : le tout renouvelable et le tout-marché.

Et c’est pourquoi la décision de M. Hulot de prolonger le nucléaire ne constitue qu’un début de retour à la réalité physique, la réalité s’imposant à un écologiste engagé certes, mais courageux. Il a commencé à dire la vérité, pourvu qu’il ne soit pas exécuté (politiquement)


mardi 14 novembre 2017

Légalisation du Cannabis : danger !

Les preuves de la nocivité s’accumulent

Dans Le Monde du 31 octobre, un certain nombre de scientifiques ont publié une tribune libre « Dépénaliser et décriminaliser la consommation de drogues : une aberration ? –la réponse est dans le point d’interrogation. J’avoue ne pas comprendre ce point de vue qui me parait condamné par toutes les connaissances scientifiques qui se sont accumulées sur le sujet.

Je voudrais ici rendre hommage à un médecin qui, tout en restant médecin, accomplit, avec un immense talent et une grande chaleur humaine, un immense et très bien fait, très sérieux, travail de vulgarisation scientifique sur les problèmes de santé - et dans vulgarisation, il n’y a évidemment aucun mépris ; que des scientifiques vulgarisent ainsi leur discipline est tout bonnement l’une des conditions absolument nécessaire de la démocratie.
Michel Cymes, donc, a, à plusieurs reprises donné courageusement son opinion sur le sujet. Extraits : 

« la consommation de cannabis augmente le risque de troubles mentaux. Elle est néfaste au bon fonctionnement de vos neurones, les 100 milliards de cellules du cerveau. »

L’imagerie cérébrale a permis de mettre en évidence de manière incontestable les effets nocifs du cannabis. Ainsi, « cette technique a permis à l'Université de Dallas de prouver que la matière grise des fumeurs de cannabis diminuait dans une région du cerveau impliquée dans la motivation et la prise de décision. Le principe actif contenu dans le cannabis altère la connectivité des neurones »
« L’étude la plus intéressante est néo-zélandaise. Elle a duré vingt-cinq ans…Les Néo-Zélandais ont suivi l'évolution intellectuelle du quotient intellectuel de 1.000 de leurs compatriotes entre 13 et 38 ans. Leur QI a été évalué à deux reprises : au début (quand ils avaient 13 ans) et à la fin de l'étude (quand ils en avaient 38). Résultat : le QI des fumeurs réguliers - a fortiori quand ils avaient commencé à l'adolescence - a décliné parfois de manière spectaculaire, alors que le QI des non-fumeurs a légèrement augmenté. À la lumière de ces études, il devient de plus en plus compliqué d'affirmer que le cannabis n'a pas d'influence néfaste sur la santé, notamment la santé mentale. Ceux qui vous tiennent le discours inverse vous enfument. »

En effet. Résumons : d’une certaine façon, le cannabis cumule les effets nocifs de l’alcool sur les capacités intellectuelles et ceux du tabac sur la toxicité pulmonaire. Nous avons déjà suffisamment de problèmes avec les effets de ces drogues légales sans en rajouter, et ceux qui prétendent le contraire se trompent ou sont irresponsables- vous enfument ! merci M. Cymes !

Légaliser le cannabis, c’est ouvrir la voie aux « drogues zombies »

A cela s’ajoute un autre problème. Il y a une espèce de loi sociologique qui suggère que plus une drogue s’éloigne de son lieu de consommation traditionnel et se répand  (et nous parlons là de traditions millénaires), plus elle est consommée sous une forme dure. Ainsi le vin méditerranéen donne l’alcool à 90° des esquimaux, la feuille de coca andine donne la cocaïne et le crack de nos pays, la résine d’opium birman donne l’héroïne.
Or la même évolution se produit avec le cannabis. D’ores et déjà, les remarquables agriculteurs que sont les Hollandais (pays où le cannabis a été légalisé) ont réussi à produire des cannabis à plus haute teneur en principe actif, jusqu’à atteindre un record de 20% (29% pour la résine) ; devant la multiplication des chocs psychotiques, le gouvernement néerlandais a décidé de légiférer et de limiter le taux de THC à moins de 15%
Mais s’annonce bien pire, les cannabinoïdes de synthèse (Spice, black Mamba, K2, Bizarro, Stoopi…d) regroupés sous le nom très évocateur de « Zombies drugs ». L'effet de ces produits chimiques sur les récepteurs cérébraux peut être 100 fois plus puissants que le THC, explique Marilyn Huestis, chercheuse à l'Institut National américains sur l'abus des drogues. Le principal danger devient alors le risque d'overdose, bien plus grand que celui encouru en consommant d'autres drogues plus répandues ; à peine 2mg de cannabis synthétique suffisent pour provoquer une overdose lorsque 50mg de speed ou de cocaïne sont nécessaires pour obtenir pareil effet ! En cas de surdosage, le consommateur de marijuana synthétique peut se montrer agressif, paranoïaque, avoir des hallucinations ou encore des pertes de conscience et les hospitalisations d’urgence sous l’effet de ces zombis drugs se sont multipliés. Aux Etats-Unis, cette drogue s'est fortement répandue depuis 2015. Depuis le début de l'année, les centres antipoison à travers tout le pays ont reçu 5.200 appels pour des incidents liés au cannabis synthétique. La hausse est spectaculaire ; en 2014, le nombre d'appels était de 3.680 et seulement de 2.668 un an plus tôt, selon les statistiques de l'Association nationale des centres antipoison. La zombie drug a été signalée en Belgique et surtout en Angleterre, où la police de Manchester a lancé un appel à l’aide à la communauté des médecins et décrit en avril 17 « un cauchemar dystopique », avec  une soixantaine d’hospitalisation en un week-end et des consommateurs transformés en véritables zombies, qui s’écroulent dans les rues.


Alors l’argument selon lequel la légalisation du cannabis couperait court au trafic et obligerait les trafiquants à se recycler dans la vente de pizza ??? C’est vraiment les tenir pour des idiots. Rassurez-vous pour eux : ils ont déjà de quoi appâter leurs fidèles clients…. La légalisation du cannabis amènera le développement des drogues zombies



samedi 11 novembre 2017

J.M. Blanquer, serial killer de l’enseignement de l’histoire. Pourquoi tant d’indulgence ?

Plus d’histoire en terminale S et simplification du bac : retour de la même politique

J’avoue ne pas comprendre pourquoi M. Blanquer bénéficie d’une telle indulgence de la part de personnalités qui n’ont cessé de s’indigner de la dégradation de l’enseignement en France, telle Natacha Polony à droite ou Jacques Julliard à gauche. Car enfin, M. Blanquer était directeur général de l’enseignement scolaire de 2009 à 2012, soit le numéro 2 de l’Éducation nationale auprès de Luc Chatel, à l’époque où a été mise en oeuvre cette géniale idée de supprimer l’enseignement de l’’histoire en terminale scientifique- lequel a été heureusement rétabli par François Hollande et Vincent Peillon, même si c’est de façon insatisfaisante (avec 2h30 en première et 2h en terminale au lieu de 6 heures avant 2010 !!!)
Et maintenant, M. Blanquer revient à la charge avec son projet de simplification du Bac qui serait réduit à quatre épreuves. On voit bien que la politique de M. Blanquer sous Macron est sur la même ligne que celle de M. Blanquer sous Chatel, encore aggravée. Au lycée français, comme en Angleterre les élèves obtiendront leur bac en quatre disciplines, deux majeures et deux mineures. Et ainsi l’on aura des scientifiques qui ne connaîtront pas un mot de l’‘histoire ou de la littérature de leur pays (pour ne pas parler de l’Europe et du monde), ou d’économie, et des littéraires qui ignoreront tout des sciences de leur époque. Brillant ! C’est tout simplement l’abandon de toute l’ambition éducative républicaine !

M. Blanquer et l’histoire ; un vieux conflit

Dans le remarquable n° de novembre 2017 de la Revue des Deux Mondes dont la thématique principale est l’enseignement de l’histoire, Laurent Wetzel rappelle sans complaisance ce que fut l’action destructrice de M. Blanquer en ce domaine  sous les différents ministres qui se sont succédés
Extraits : «  Au lycée, les programmes Blanquer demandent de mettre en œuvre une approche thématique, synthétisée, globale, conceptuelle et problématisée ( !!!) au détriment de tout parcours chronologique. Ainsi  Depuis 2011, en première, les lycéens des séries générales n’ont plus à étudier les grandes phases des deux conflits mondiaux et et l’étude de la grande guerre est limitée à celle de l’expérience combattante dans une guerre totale. L’historienne Annette Wieviorka s’est insurgée contre cette présentation des guerres sans chronologie ni contexte »
« Dans les programmes Blanquer pour la voie générale en première, le XXème siècle est appelé le siècle des totalitarismes, mais n’y figurent ni la Chine depuis 49, ni la Corée du nord, ni le Vietnam, ni Cuba, ni le Cambodge, ni le Laos »
« L’essentiel, c’est par exemple l’’affirmation de l’islamisme sous ses différentes formes comme fait majeur à partir de la fin des années 1970, question que M. Blanquer a fait disparaître en 2011 de tous les programmes de terminale et l’essentiel ce n‘est pas sport , mondialisation et géopolitique depuis les années 30, thème que M. Blanquer avait inscrit en 2011. »

La haine de l’élitisme, la fabrique de la docilité
Que veut-on à la fin ? Des scientifiques idiots manifestant  « une désastreuse indifférence pour le cours général des affaires humaines, pourvu qu’il y ait sans cesse des équations à résoudre et des épingles à fabriquer ». (Auguste Comte, fustigeant la « spécialisation dispersive ?). Des littéraires « se glorifiant systématiquement de leur ignorance scientifique et philosophique, qu’ils tentent vainement d’élever en garanties d’originalité  (Auguste Comte, encore !), incapables de comprendre les méthodes et résultats généraux des sciences et des techniques qui ont façonné et façonneront de plus en plus notre monde ?

C’est tout de même vider la république et la démocratie de toute existence réelle !

Voilà le programme Blanquer ! Au passage, il flatte le vieux ressentiment rassis de tous ceux qui depuis longtemps veulent la suppression de la section d’élite S anciennement C, où se rassemblaient les élèves excellent dans les matières scientifiques et littéraires et heureux de ne pas avoir à choisir trop précocement entre ces disciplines !

Ah oui, dirent Macron et Gattaz, c’est bien cela que nous voulons ! Que ces gens, formé selon le  programme Blanquer seront dociles, faciles à gouverner, ingurgitant sans esprit critique, sans recul, ce que nous voudrons leur faire accroire (comme par exemple que faciliter les licenciement c’est créer du travail, et que casser le code du travail, c’est ouvrir de nouvelles protections aux salariés)
.

Oui vraiment, M. Blanquer est bien macronien, et de droite, et de gauche. Et de droite, pour la soumission de l’‘intelligence à l’argent, et de gauche, de nouvelle gauche, pour le renoncement à l’élitisme pour tous, remplacé par la destruction de toute élite.

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lundi 6 novembre 2017

Energie : Le paquet hiver de de la Commission jette un sérieux froid !

Le paquet Monstre : 5000 pages pour plus de libéralisation, moins de sécurité, moins d’égalité

La commission européenne a livré dernièrement son 4ème paquet ( le Winter Package !) de recommandations et directives  intitulé « une énergie propre pour tous les européens ». Ces textes ont vocation à devenir – après vote du parlement européen, puis du conseil, des règlements d’application immédiate dans tous les secteurs concernés ou des directives à transposer en droit français avant mise en œuvre.
L’Europe de l’Energie (après celle de la métallurgie et du charbon !) s’est mise en route au début des années 1990. Le premier paquet concerna la libéralisation du marché de l’énergie ; le deuxième paquet (2003 ) a organisé un accès régulé des tiers au marché et la libéralisation pour tous les particuliers. Le troisième paquet (2009) a imposé l’indépendance des GRT (réseaux de transport) et un réseau européen de  gestionnaires de réseaux de transport, l’ENTSOs.  Le quatrième paquet affiche des  ambitions de réduction des émissions de CO2, d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétiques (traduisez un  consommer moins).
Des ambitions nobles mais dans la pratique, ouverture des marchés et libre circulation de l’énergie se sont concrétisées par des transformations brutales de nos entreprises et sont loin d’avoir tenu des promesses faisandées dès le départ.  : l’accès des tiers au réseau, séparation d’EDF en deux, ouverture des marchés … Au final des entreprises fragilisées, et  des consommateurs qui voient leurs factures augmenter. Des ENR certes en progression, mais à quel prix ?
Ce paquet énergie, c’est 5000 pages porteuses d’éléments à forts impacts pour l’avenir des salariés, des entreprises, des clients, qui vont encore plus dans le sens de la libéralisation du marché de l’énergie et de la dérèglementation, au point de mettre en péril l’accès égal de tous à l’énergie, et d’ailleurs l’accès à l’énergie tout court.   Or  parmi les rapporteurs des textes au parlement européen, il n’y a aucun parlementaire français, et  selon la pratique européenne, Il ne faut pas compter sur des marges de manœuvre possibles lors de la déclinaison !!! au parlement français – il sera alors trop tard. Et le calendrier politique en France ne facilite pas l’implication des hommes politiques français- à l’exception notable des Sénateurs de l »’Ancien Monde » ( c’est-à-dire pas des beni oui oui du libéralisme d’En Marche) qui à travers un rapport sénatorial très fourni ont publié une très sévère et inquiète mise en garde : cf. Rapport n°435 de la Commission des Affaires économiques, 22 février 2017, L. Poniatowski, J. Bizet et M. Delebarre)

Les points problématiques : décarbonation, tarifs régulés, stabilité du réseau, égalité tarifaire, perte de contrôle du réseau à l’échelle nationale

Un objectif de - 40% d’émission de C02 en 2030  par la commission… mais une impasse majeure dans les textes sur la contribution du nucléaire en tant qu’énergie décarbonée, alors que celui-ci reste un atout majeur pour la décarbonation de l’énergie. Sans nucléaire, l’objectif de rester à moins de 2° d’augmentation de la température sera enfoncé.

La suppression des tarifs régulés, tel que les tarifs réglementés de vente (TRV) de l’électricité
Les textes demandent un arrêt immédiat des tarifs particulier réglementés de l’électricité et du gaz. Outre les pertes de part de marché attendues pour les entreprises et l’impact sur les emplois commerciaux du segment particulier, la mesure est sans justification dès lors que ces tarifs sont contestables par les fournisseurs alternatifs. Leur suppression expose le consommateur d’autant plus   que d’autre mesures rendent obligatoires de proposer au consommateur une tarification dynamique (indexée sur le prix marché) et qu’une autre prévoit le déplafonnement total des prix de gros de l’électricité et l’interdiction d’un prix plancher…
Une tarification dynamique qu’es aco ? une étude de la CRE (Commission de régulation de l’énergie) montre qu’un pic extrême aboutirait à multiplier par 1000 la valeur du prix horaire, soit en une heure l’équivalent d’une semaine ou un mois de consommation. C’est lorsque vous aurez vraiment besoin de chauffage que vous le paierez très très cher !!!!

Les Mécanismes de capacité remis en cause et les contrat long terme non confortés… Vers le black out !
Les mécanismes de capacité (ils sont indispensables pour assurer la sécurité d’approvisionnement électrique aux périodes de pointe de consommation), dans un contexte durablement marqué par l’essor de la production d’électricité intermittente  devraient se trouver confortés. Pourtant il n’en est rien : conditionnés à la réalisation d’une étude à l’échelle européenne, révisés annuellement  et qui plus est sans  cadre de réciprocité entre états membres, comment pourraient-ils conforter les investissements et mener une politique de long terme ?
De manière assez étrange, les mécanismes de capacité allemands reposant sur des centrales à charbon se trouvent confortés tandis que ceux d’EDF seraient invalidés. Comme quoi le lobbying européen est important et certains le pratiquent mieux que d‘autres.

Droit des « communautés d’énergies renouvelables » de produire, consommer, stocker et vendre de l’énergie… mais aucune étude sur la stabilité du réseau et la fin de l’égalité tarifaire
Avec le développement des ENR et leurs intégrations  le droit des « communautés d’énergies renouvelables » de produire, consommer, stocker et vendre de l’énergie est affirmé (ainsi que le  droit à l’autoconsommation d’ENR individuelle et collective et à la vente des surplus d’électricité). L’encadrement de ces nouveaux modèles énergétiques plus décentralisés est absolument nécessaire pour préserver la solidarité entre les territoires et la péréquation tarifaire. Aucune des conséquences possibles et gravissimes sur l’optimisation des réseaux et la sécurité même de l’approvisionnement ne sont envisagées, non plus que sur la robustesse du mode de financement des réseaux. Fort légitimement, le Sénat s’est intéressé aux effets néfastes attendus sur l’égalité entre les territoires et la péréquation et a publié un rapport très critique sur la quatrième paquet.

un transfert de souveraineté des États vers l’Europe en matière de sécurité d’approvisionnement par la création de centres opérationnels régionaux, les fameux « ROC » (regional operational centers). Véritables entités supranationales, ceux-ci accapareraient les pouvoirs dévolus au gestionnaire de réseau de transport, notamment RTE, avec une perte de maîtrise de nos conditions d’approvisionnement.
Réactions syndicales et sénatoriales

Plusieurs syndicats, dont CFE-CGC énergie, FO énergie, CGT énergie se sont montrés très critiques et inquiets vis-à-vis du Paquet Monstre de la Commission européenne. Parmi leurs principales recommandations :le traitement de la question de fond en matière climatique de la contribution de l’énergie nucléaire en tant qu’énergie décarbonée ainsi que la mise en place d’une tarification forte du carbone à l’échelle européenne et donc la réforme déterminée du système d’échange des quotas (ETS) ; l’’opposition à la suppression des tarifs régulés de l’électricité  ainsi que celle de faire obligation aux fournisseurs de proposer une offre de tarification dynamique ; l’’encadrement des nouveaux modèles énergétiques plus décentralisés  pour préserver la solidarité entre les territoires (et la péréquation tarifaire), l’optimisation des réseaux ainsi que la robustesse de leur mode de financement ;,un cadre sûr pour les contrats longs termes  et les mécanismes de capacité pérennes en tant que levier de l’investissement et la sécurité d’approvisionnement électrique.

Quelques commentaires du rapport sénatorial (Rapport n°435 de la Commission des Affaires économiques)

« Le dogme selon lequel le marché pur serait gage d’harmonie absolue pour tous les consommateurs, les producteurs et les territoires inspire largement les textes. Le passage de compétences en principe partagées entre l’état et l’UE à une compétence européenne quasi exclusive se fait sentir sur un certain nombre de points. L’utilisation excessive des normes et règlements au détriment d’une ambition politique est évidente. »

« On regrettera cependant qu’un tel volume (5000 pages), en partie justifié par la technicité des sujets abordés, rende malgré tout difficile son appropriation par les citoyens. J’ajoute que cela fait déjà presque trois mois que les textes ont été présentés et que de nombreux volets ne sont pour autant toujours pas traduits en français !
L’électricité est un bien de première nécessité, ce que la Commission européenne semble oublier… »

« En matière de compétence européenne sur l’énergie, nous sommes passés d’une compétence partagée à une compétence imposée ! »

« Toute évaluation de la politique européenne, et en particulier, un bilan indépendant de la Commission des étapes précédentes de la politique de libéralisation de l’énergie s’avère impossible à obtenir : « Mon intention était que la Commission européenne nous fournisse un rapport avec des chiffres sur longue période, couvrant l’ensemble de l’Europe, pour comparer les objectifs initiaux et les résultats de la construction du marché intérieur de l’électricité. » (Amendement de M. F. Montaugé considéré comme impossible à réaliser)

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Paquet Hiver Energie, ou comment une fois de plus la Commission Européenne se rend détestable !